Tsa-algerie

Un patriote s’en va : Abdelwahab Bennini le moudjahid et le scientifique

27-11-2021 21:27

TRIBUNE. Un homme exceptionnel s’est éteint dans une discrétion regrettable. Un enfant du pays d’une grandeur rare nous a quitté, vendredi 12 novembre 2021. Il a été inhumé samedi 13 novembre 2021 au cimetière Al-Alia à Alger, dans une forme d’anonymat que la mémoire puis l’Histoire ne manqueront pas de relever.Abdelwahab Bennini était à la fois le grand patriote et moudjahid et l’illustre scientifique. Il était surtout l’homme intègre et probe, malgré toutes les tentations qu’auraient pu lui procurer les différents postes de hautes responsabilités qu’il a occupés, pour servir l’Algérie.Abdelwahab Bennini est issu d’une famille révolutionnaire, né le 13 septembre...

cimetière Al-Alia à Alger, dans une forme d’anonymat que la mémoire puis l’Histoire ne manqueront pas de relever.Abdelwahab Bennini était à la fois le grand patriote et moudjahid et l’illustre scientifique. Il était surtout l’homme intègre et probe, malgré toutes les tentations qu’auraient pu lui procurer les différents postes de hautes responsabilités qu’il a occupés, pour servir l’Algérie.Abdelwahab Bennini est issu d’une famille révolutionnaire, né le 13 septembre 1937 à El-Milia (W. de Jijel). Son père était l’ami de l’un des grands noms de l’Histoire de l’Algérie, feu Ferhat Abbas. Durant la révolution algérienne, Abdelwahab Bennini s’est vu signifier l’ordre de se concentrer sur ses études, afin de préparer les cadres de l’Algérie indépendante à venir.Après sa formation à l’académie militaire de Damas en Syrie, le voilà parti en ex République démocratique allemande où il prépare avec brio son diplôme de chimiste. Il n’avait qu’une hâte, retrouver l’Algérie et sa famille, pour servir ce pays tant aimé. Abdelwahab Bennini a pratiquement travaillé dans tous les secteurs stratégiques – de Sonarem et Sonatrach – après quoi il a rejoint le secteur de la recherche scientifique. Il aura été un précurseur et un visionnaire.L’Algérie lui doit la création de centres de Recherche prestigieux comme le CNTS (Centre National des Techniques Spatiales) et ce qui deviendra plus tard le CDTA (Centre de Développement des Technologies Avancées).Dans les années 70, le voilà en charge du programme nucléaire algérien qui aurait pu aboutir à des réalisations nécessaires aujourd’hui, sans l’incompréhension que l’on a pu déplorer autour lui.Il était à l’origine de la formation de nombreux cadres et scientifiques algériens, dont certains dans des secteurs de technologies avant-gardistes pour l’époque. Pour ne citer qu’un exemple, il a impulsé la formation de scientifiques algériens sur l’utilisation du laser dans des domaines stratégiques, dès les années 70, quand la science et la technologie des lasers n’étaient qu’au stade de développement.Il est l’un des acteurs de premier plan de l’ONRS (Office National de la Recherche Scientifique), l’ancêtre de ce qui est devenu la DGRSDT (Direction Générale de la Recherche Scientifique et du Développement Technologique).À l’apogée de sa carrière, il devient conseiller à la Présidence, chargé des sciences et du développement technologique, où il est apprécié pour la maîtrise de son sujet et surtout sa clairvoyance. Son combat, qui n’a jamais cessé, y compris durant ses années de retraite, il aimait à le résumer par la phrase suivante « A la recherche d’un îlot de salubrité dans un océan de m… ».Abdelwahab Bennini aura été un esprit inventif et bouillonnant, une encyclopédie vivante. En d’autres circonstances, il aurait mérité de se voir consacrer un centre de Recherche pour étudier et mettre en œuvre toutes les idées ingénieuses qu’il avait. Il était un authentique témoin de l’Histoire récente de cette Algérie qui se cherche et un fidèle des principes et des valeurs républicaines, y compris durant la période noire que le pays a vécue.Il persistera de lui l’image d’un fédérateur et un rassembleur, comme il n’en existe que rarement. Il était un homme en avance sur son temps à bien des égards.Alger ne sera plus jamais pareil sans toi cher Abdelwahab. Je sais que tu voulais partir … Mais nous aurions voulu profiter encore un peu de ta présence, de ces moments d’un privilège extrême où nous faisions et défaisions le Monde. Un homme de ta stature mérite un hommage national. Pour nombre d’entre nous, tu resteras notre exemple à jamais. *Azzedine Boudrioua, Pr. Physicien à l’Université Sorbonne Paris NordImportant : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

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