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Pourquoi le billet d'avion est si cher chez Air Algérie ? (dossier)

4 jours, 13 heures, 33 minutes

La question de la cherté des billets d’avion est devenue ces derniers temps un sujet d’intérêt national. Tout le monde s’accorde à dire que les prix des billets pratiqués par les compagnies aériennes opérant en Algérie sont les plus chers au monde. Et c’est souvent la compagnie publique Air Algérie qui est pointée du doigt en raison de son quasi-monopole dans le ciel algérien. Une situation qui perdure depuis des années et qui s’est intensifiée depuis la crise sanitaire au grand dam des clients d’Air Algérie, notamment la diaspora algérienne établie à l’étranger. La hausse vertigineuse des prix pratiqués par...

opérant en Algérie sont les plus chers au monde. Et c’est souvent la compagnie publique Air Algérie qui est pointée du doigt en raison de son quasi-monopole dans le ciel algérien. Une situation qui perdure depuis des années et qui s’est intensifiée depuis la crise sanitaire au grand dam des clients d’Air Algérie, notamment la diaspora algérienne établie à l’étranger. La hausse vertigineuse des prix pratiqués par Air Algérie en comparaison aux autres compagnies aériennes, notamment dans les pays voisins, à l'image du Maroc et de la Tunisie, a été souvent dénoncée par les usagers. Des hommes politiques dénoncent les prix pratiqués par Air Algérie Même certains hommes politiques sont montés au créneau pour dénoncer les prix pratiqués par Air Algérie. « Notre communauté à l’étranger vit une véritable tragédie. Les prix des billets pratiqués par Air Algérie sont les plus chers au monde », affirme à ce propos le chef du parti islamiste Mouvement de la société pour la paix, Abderrezak Makri. « Regardez les prix des compagnies low-cost pratiqués au niveau des autres pays de l'Afrique du Nord avec 15 euros voire 10 ou 9 euros, le voyageur d’un pays voisin prend l’avion et rentre chez lui », ajoute Makri dans une vidéo publiée le 25 octobre sur sa page Facebook. Ces prix exorbitants pratiqués par Air Algérie ont également fait réagir les pouvoirs publics. Le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a annoncé, le 9 novembre, l'ouverture d'une enquête concernant la cherté des billets d'avion sur la ligne Alger-Paris. Intervenant au deuxième jour des travaux de la Conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires algériennes, le chef de l'exécutif a reconnu que les prix pratiqués par Air Algérie sont « excessivement chers ». Voici comment est calculé le prix d'un billet d'avion Comme pour tout service, le prix d’un billet d’avion est fixé en fonction de plusieurs paramètres. Selon skyscanner.fr, il existe un tarif de base, « immuable », auquel viendront ensuite s’ajouter des taxes d’aéroport. Ce prix de base prend en compte « les coûts incontournables » pour une compagnie aérienne à savoir « le coût du personnel, l’achat et l’entretien des avions, le carburant », mais aussi « le prix du repas et des boissons servis ». Mais c’est surtout sur la part variable que tout se joue concernant le calcul du prix d’un billet. Il s’agit des nombreuses taxes qui peuvent varier à tout moment et qui influent également sur le prix du billet d’avion. Selon une étude de Skyscanner, la décomposition du prix d’un billet d’avion se réalise selon cinq taxes : Taxes QW et QX : il s’agit des redevances des passagers pour l’utilisation de l’aéroport. Taxe YQ : il s’agit de la surcharge carburant d’avion qui dépend du prix du pétrole. Taxe FR : il s’agit  de la taxe d’aviation civile qui sera encaissée par l’État. Taxe XT : il s’agit de la taxe permettant d’assurer la sécurité, le contrôle des passagers,  des bagages Taxe IZ : il s’agit de la taxe de solidarité sur les billets qui est reversée notamment au Fonds mondial contre les pandémies Pourquoi les prix de billets d’avion diffèrent pour la même destination ? C’est la première question qui vient à l’esprit d’un voyageur lorsqu’il décide de prendre l’avion. Avant d’acheter son billet, le client fait le tour des agences et cherche sur internet afin de dénicher le prix le plus bas entre différentes compagnies. Et c’est à partir de là que le client s’interroge : pourquoi un billet pour un vol Paris-Alger à bord d’Air Algérie acheté par exemple le mois de janvier est différent de celui acheté six mois plus tard ? La réponse est simple : d’abord la date. Un billet d’avion pour la même compagnie et la même destination dépendra de la saison. Si vous partez en juillet ou en août, le prix du billet d’avion sera plus cher. C’est le même cas également lors des vacances scolaires et ce tout au long de l’année. Il y a aussi le choix du jour de départ : le billet est souvent moins cher pour un vol en semaine que le weekend pour la simple raison que toutes les compagnies aériennes tentent d’inciter les voyageurs à prendre l’avion à des moments différents pour rentabiliser leurs trajets en évitant de décoller avec des sièges vides. Il y a aussi la question de l’offre et de la demande. Aucune compagnie n’a besoin de proposer des prix bas à une à une période où la demande est forte. Qu’en est-il des prix pratiqués par Air Algérie ? Même si dans l’absolu l’ensemble des compagnies aériennes sont soumises aux mêmes règles du marché concernant les prix des billets, il n’en demeure pas moins que souvent certaines compagnies sont pointées du doigt en raison des prix jugés excessifs par leurs clients, et ce à longueur d’année. C’est le cas particulièrement pour Air Algérie. Depuis la réouverture partielle des frontières en mars dernier, pour des vols de rapatriement, suivie en juin par l’autorisation des vols commerciaux, Air Algérie ne cesse de faire l’objet de critiques à propos des prix pratiqués sur ses billets. Face à la colère grandissante des clients, les responsables d’Air Algérie ont tenté d’apporter des explications concernant les raisons de cette flambée des prix. Tout en rappelant les différentes charges et taxes entrant dans la fixation des prix, comme nous l’avions expliqué en haut, les responsables d’Air Algérie ont surtout mis en avant la situation actuelle du secteur aérien impacté par le Covid-19. Il s’agit en premier lieu du nombre de vols très réduit par rapport à la période d’avant la crise sanitaire. « Il faut savoir que le nombre de vols opérés actuellement impacte fortement les prix. Alors qu’on effectuait 22 vols quotidiens avec Paris, on est contraint d’opérer 23 vols par semaine aujourd’hui. Ça change tout », explique à ce propos un responsable d’Air Algérie cité par Visa-Algérie. Une explication qui est certes logique, mais qui ne convint pas pour autant la majorité des voyageurs, surtout que les prix des billets sont restés toujours excessif alors qu’on est sorti de la période estivale, où la demande était souvent supérieure à l’offre. « Si je comprends qu’un billet soit affiché à plus de 500 euros en aller simple entre Paris et Alger, entre juillet et septembre, ce n’est pas logique tout de même que ce soit le même prix qui est en cours durant le mois de novembre », s’insurge un voyageur. « Nos tarifs sont les moins chers comparés à ceux proposés par nos concurrents », se défend Air Algérie Face aux critiques qui l’ont ciblée durant l’été dernier à propos des prix de ses billets, Air Algérie a décidé de réagir à travers un communiqué officiel. Selon la direction d’Air Algérie, les tarifs des billets d'avion qu’elle applique sont « les moins chers comparés aux tarifs proposés par (ses) concurrents », sur les mêmes destinations qu'elle dessert. Selon les données fournies par la compagnie algérienne, le 31 août, à l’agence officielle APS, Air Algérie aurait proposé durant le mois d'août les prix les moins chers par rapport aux compagnies européennes pour ce qui est des vols reliant l'Algérie aux autres capitales du monde. Ainsi, pour la destination France, Air Algérie propose, selon ses données, le billet Alger-Paris à 45'240 dinars, pour un aller simple alors que le prix du même billet chez Air France est cédé à 60'107 dinars, tandis que la compagnie ASL Airlines (France) le propose à 70'500 dinars. En France, le même billet (aller simple) depuis Paris vers Alger est vendu à 471 euros par Air Algérie, 763 euros par Air France et 480 euros par ASL Airlines. Pourquoi Air Algérie ne propose plus des billets en promotion ? Voici une question qui revient avec insistance ces derniers jours chez de nombreux clients d’Air Algérie. Passée la période des grandes affluences estivales, nombreux sont en effet les voyageurs qui espèrent voir enfin Air Algérie, à défaut de réduire ses prix, au moins recourir à des promotions sur certaines de ses lignes en cette période hivernale, à l’instar de ce qui se fait dans les pays voisins. En effet, la compagnie tunisienne Tunisair a prévu des vols à partir de 529 dinars tunisiens (161 euros), et ce durant la période allant du 5 novembre au 27 mars 2022. Le monopole du secteur aérien profiterait à Air Algérie Du côté d’Air Algérie, aucune promotion n’est annoncée alors que durant les années précédentes ces offres sont proposées régulièrement, notamment en période hivernale. Si pour de nombreux observateurs la raison est liée aux conditions financières difficiles dans lesquelles se retrouve Air Algérie, suite aux conséquences de la crise sanitaire, d’autres par contre estiment que Air Algérie est « protégé » par le fait qu’elle détient le monopole du transport aérien. Une situation qu’elle partage d’ailleurs avec la compagnie Air France, concernant les vols entre la France et l’Algérie. Un quasi-monopole entre Air Algérie et Air France, reléguant ainsi les trois autres compagnies low-cost ; à savoir Ryanair, Transavia et Vueling, à un rôle de figurants. Ceci fait qu’Air Algérie et Air France continuent à pratiquer la même politique tarifaire que celle de la période estivale, estiment de nombreux observateurs. Seule l’ouverture du marché offrirait une vraie politique des prix C’est pour toutes ces raisons que l’ouverture du marché algérien du transport aérien à d’autres compagnies nationales serait la solution, estiment les spécialistes. Une question qui est soulevée à maintes reprises et qui semble enfin avoir l’aval des pouvoirs publics. Ces derniers se disent d’accord pour l’ouverture du secteur aérien à des investisseurs privés, comme l’a affirmé d’ailleurs récemment le ministre des Transports. L’ouverture du marché à d’autres compagnies serait le seul moyen pour permettre une vraie concurrence et pousser ainsi les différentes compagnies en lice à baisser les prix. C’est dans cette optique d’ailleurs que les Algériens attendent avec impatience l’arrivée tant annoncée de la nouvelle compagnie low-cost Fly WestAF. Annoncée en grande pompe l’été dernier, cette compagnie privée, fondée par l'algéro-américain Chakib Ziani Cherif, se veut déjà un vrai concurrent pour les autres compagnies opérant en Algérie, sur le plan tarifaire. En effet dans un tweet publié le 3 novembre dernier, le patron de Fly WestAF a écrit : « Une compagnie low cost ce n’est pas un NOM !! C'est un PRIX !! ». Un message à travers lequel le PDG de cette compagnie a compris que les prix des billets sont un thème important dans la concurrence, pour les milliers d'Algériens qui voyagent notamment entre l'Algérie et les pays européens.

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