Le quotidien d'Oran

Véhicules d'occasion: La flambée des prix risque de durer

19-09-2021 06:02

La mesure, décidée dernièrement, par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, d'autoriser certains espaces publics, notamment le marché des voitures d'occasion, à rouvrir crée déjà une certaine frénésie chez les citoyens en quête d'un moyen de locomotion décent. En effet, la crise sanitaire et les confinements qui en ont découlé ont bouleversé toute la machine économique, donnant un véritable coup d'arrêt à la dynamique de l'ensemble des grands secteurs économiques, à l'image des carrefours des véhicules de seconde main qui n'ont évidemment pas été épargnés. Mais si les marchés des voitures d'occasion ont rouvert leurs portes, est-ce pour autant une bonne...

énésie chez les citoyens en quête d'un moyen de locomotion décent. En effet, la crise sanitaire et les confinements qui en ont découlé ont bouleversé toute la machine économique, donnant un véritable coup d'arrêt à la dynamique de l'ensemble des grands secteurs économiques, à l'image des carrefours des véhicules de seconde main qui n'ont évidemment pas été épargnés. Mais si les marchés des voitures d'occasion ont rouvert leurs portes, est-ce pour autant une bonne nouvelle pour les citoyens désireux d'acquérir un véhicule à moindre coût ? Rien n'est moins sûr. Dans un communiqué des services du Premier ministre, l'ensemble des clients et vendeurs ont été appelés à respecter les gestes barrières et les consignes de sécurité sanitaires. Les marchés de véhicules d'occasion peuvent être refermés à tout moment en fonction de l'évolution de la situation sanitaire de chaque wilaya, avec la limitation de la jauge d'accueil au sein des marchés de voitures d'occasion. Une «Kia Picanto» neuve à 400 millions de cts, «Dacia Logan», modèle 2015 à 185 millions, une «Ibiza» modèle 2011 à 140 millions de cts, c'est carrément le feu dans les marchés des véhicules usagés. Les experts sont d'avis pour imputer cette hausse vertigineuse des véhicules d'occasion à la suspension des importations et le déséquilibre entre l'offre et la demande. Le gouvernement avait pourtant donné le feu vert pour la reprise de l'importation des voitures de moins de trois ans par les particuliers résidents, mais la concrétisation de cette décision n'a toujours pas vu le jour. L'autre raison à l'origine du surenchérissement des véhicules neufs et d'occasion est l'instabilité du cadre juridique qui réglemente cette activité, puisqu'un cahier des charges a été élaboré par le nouveau ministre de l'Industrie. Ce qui risque de faire retourner à la case départ tous les concessionnaires auxquels aucun agrément n'a été délivré à ce jour. Et avec la crise économique et financière que traverse le pays, conjuguée à la baisse drastique des réserves de change, l'importation des véhicules neufs risque bien d'être repoussée sine die, avec conséquence cette aberration totale de voir un véhicule usagé coûter plus cher qu'un autre sorti tout droit des chaînes de montage. Pour le président de l'Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (APOCE), l'Algérie fait face à une pénurie de véhicules neufs et à la flambée des prix des voitures d'occasion, suggérant que «la solution réside dans l'importation de véhicules d'occasion de moins de 5 ans puisque les véhicules de moins de 3 ans le coût est inaccessible pour une grande partie des consommateurs», a-t-il expliqué. Appelant le gouvernement à clarifier sa position sur ce sujet, Mustapha Zebdi a déclaré que la «voiture n'a jamais été un produit de luxe en Algérie», précisant que «si le pays disposait d'un transport urbain et suburbain de qualité et qui satisfait les besoins des consommateurs algériens, on pourrait considérer que la voiture entre dans la catégorie produit de luxe», a-t-il affirmé. Pour le responsable de l'Apoce, le dossier de l'automobile en Algérie «ressemble à un feuilleton avec un nombre infini d'épisodes», a-t-il ironisé. Mustapha Zebdi a également pointé du doigt «des infractions en rapport avec la réglementation en matière d'agrément pour les concessionnaires remplissant les conditions fixées par le cahier de charges». Le processus d'importation des véhicules neufs prendra donc plus de temps que prévu. Selon d'autres experts, les restrictions pour limiter la baisse des réserves de change, ajouté à la dépréciation du dinar algérien face aux devises étrangères et les différents obstacles technico-juridiques, ont pour conséquence directe de multiplier par trois voir quatre les prix des voitures en Algérie.

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