Liberté Algérie

Tramor Quenemeur, historien et membre du Conseil d’orientation du Musée de l’immigration “Les historiens vont pouvoir travailler sereinement”

10-03-2021 10:30

Liberté : Comment réagissez-vous à la décision du président Macron sur la déclassification des documents couverts par le secret de la Défense nationale ? Tramor Quenemeur : C’est une excellente nouvelle et une très bonne chose. Les historiens et les étudiants vont pouvoir de nouveau travailler sereinement et la recherche pourra se poursuivre plus librement. Tous les documents, sans exception, seront-ils libres d’accès ? Il est trop tôt pour le dire. En tout cas, en vertu de cette décision de déclassification, l’instruction générale interministérielle (IGI 1300) portant sur la protection du secret de la défense nationale sera, au mieux, abrogée, sinon...

lle et une très bonne chose. Les historiens et les étudiants vont pouvoir de nouveau travailler sereinement et la recherche pourra se poursuivre plus librement. Tous les documents, sans exception, seront-ils libres d’accès ? Il est trop tôt pour le dire. En tout cas, en vertu de cette décision de déclassification, l’instruction générale interministérielle (IGI 1300) portant sur la protection du secret de la défense nationale sera, au mieux, abrogée, sinon modifiée pour que les archives ne soient pas déclassifiées une à une par l’autorité militaire. Nous allons finalement retomber dans la situation antérieure à l’instruction où les documents étaient plus largement communiqués, sans forcément être accessibles immédiatement et où la possibilité de travailler était plus importante que maintenant. Que vont révéler les archives de la guerre d’indépendance de l’Algérie, concernées par la déclassification ? Elles vont révéler certaines informations. Dans les archives, il y a des documents importants sur le déroulement des événements, sur les morts, sur les arrestations, les disparitions, les emprisonnements, sur des parcours institutionnels, sur la politique gouvernementale de la France à l’époque, sur la politique suivie par les militaires. Mais il ne faut pas non plus s’attendre à des miracles.  On ne pourra pas trouver, par exemple, des traces sur les assassinats d’Ali Boumendjel ou de Maurice Audin. Dans ce genre de cas, les ordres sont donnés oralement, sous forme de sous-entendus ou avec des gestes. Ce genre de pratique était courant malheureusement.Avec sa décision sur la déclassification des archives, le président Macron confirme son intention de répondre favorablement aux préconisations du rapport Stora en procédant par petits pas. Qu’en pensez-vous ? Il y a un certain nombre de petits pas maintenant. Les gestes de Macron sont rapides. Ils suivent effectivement les préconisations sur rapport de Benjamin Stora et aboutissent à des actes concrets.  Tout cela ne peut aller que dans le bon sens. Les personnes qui étaient sceptiques auparavant verront justement que ses recommandations sont en train d’aboutir à des décisions, et c’est tout à son honneur.  Propos recueillis par : SAMIA L.-K.

مشاركة المقال :

تغطيات إخبارية