Elmoudjahid

Grand format : Les abîmes de l’ego

10-03-2020 00:00

Au pays des mollahs, le mauvais sort devient un compagnon de route. D'une crise à une autre, le destin de ce pays se façonne dans une douleur perpétuelle. Des décennies de guerre sans nom, les âmes encore meurtries et les mémoires à vif, la population tangue entre espoirs inachevés et désespoir consommé. À moins d'une semaine de la signature d'un accord historique entre talibans et Washington sur le retrait progressif et rapide des troupes américaines stationnées depuis un peu plus de dix-neuf ans dans ce pays, ouvrant ainsi la voie à des négociations entre les insurgés et le gouvernement...

écennies de guerre sans nom, les âmes encore meurtries et les mémoires à vif, la population tangue entre espoirs inachevés et désespoir consommé. À moins d'une semaine de la signature d'un accord historique entre talibans et Washington sur le retrait progressif et rapide des troupes américaines stationnées depuis un peu plus de dix-neuf ans dans ce pays, ouvrant ainsi la voie à des négociations entre les insurgés et le gouvernement de Kaboul, les choses viennent de prendre une autre tournure, avec, cette fois-ci, une crise institutionnelle grave et profonde qui pourrait remettre en cause les fondements même des institutions actuelles. Deux rêves pour un fauteuil. Ce n'est pas le titre d'un film, mais le spectre de la crise politique qui plane sur Kaboul, après que le chef de l'État Ashraf Ghani et son principal adversaire Abdullah Abdullah se sont tous les deux déclarés présidents. Situation inédite, mais qui marque encore un peu plus l'instabilité de ce pays qui fait face aussi à une menace croissante des groupes affiliés au mouvement terroriste Daesh qui vient de s'illustrer par des attaques retentissantes dans la capitale Kaboul. Côté Talibans, c'est le wait and see. Même s'ils n'ont jamais reconnu le gouvernement central, cette situation de crise n'est pas pour arranger leur stratégie pour prendre le pouvoir, plus particulièrement après la signature de l'accord avec les Américains.  Pour les observateurs avertis, les talibans ont besoin d'un gouvernement uni, seule option s'ils veulent s'emparer du pouvoir à la table des négociations. Et c'est là tout le paradoxe de ce pays qui risque de sombrer davantage dans de profondes fractures... les abîmes de l'ego. M. T.  

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